Centre de la Chanson       Avril 2008     


 

ImageLes palissandres. 14 titres.

Le grain, le souffle de la voix, la diction captent immédiatement l’attention. Avec une force évocatrice rare, s’enchaînent les récits d’un carnet de voyages où les rencontres troublantes se succèdent. Béa Tristan réveille ses mémoires familiales « Les palissandres »,  amoureuses « L’homme à la Royal Enfield », dévoile les fragments de destins «Cuba-St-Cloud», les solitudes « Dans les monts » et ses passions avec une présence fiévreuse peu commune.
Un blues comme on n’entend rarement (on pense souvent à Janis Joplin ou Colette Magny).
De mélopées en incantations, le frisson nous gagne à chaque plage. La sobriété de l’accompagnement (guitare et contrebasse) en fait un disque âpre, intense, envoûtant.

    
    

Chorus n°63               Printemps 2008     

 

Coeur Chorus attribué au CD "Les Palissandres"
            

 

Longueur d'ondes   n°42   hiver 07/08     

  
 
Page 45, En Bref
  BEA TRISTAN  "Les Palissandres" (auto-produit)

  Les vrais connaisseurs la retrouveront comme si ses deux albums parus il y a quasi quarante ans ne les avaient pas quittés. 
  Bea livre un disque majeur, abouti et dense. Des textes intenses, un son unique et une voix exceptionnelle.
  Une question nous taraude: peut-on lui pardonner de ne pas nous avoir donné de ses nouvelles depuis  si longtemps.
  www.beatristan.com                                

                                                                                                                                                                                                     Jacques Kasbi
 

Une autre chanson  n° 121       Automne 2007

 
  Béa Tristan :  Les Palissandres

  Un retour, une redécouverte l’été dernier à Barjac, et un bel album, précieux comme ce bois de palissandre qui évoque le 
  temps des colonies, quand « Mon père comptait les palissandres ». Mais regard lucide : « Le soleil a brûlé / La terre et la 
  maison/ Et jusqu’à l’horizon / Brûlé toute la journée / (…) / Connais-tu notre misère ? ». 
  Quatorze chansons d’une belle plume : « Et je me consume / dans les monts ». Dans les mots, aussi. A la rencontre de l’autre
  et de son mystère. Puis cette voix étonnante qui griffe et caresse, qui vibre en nocturne, dans la complicité de la guitare et de
  la contrebasse de Francis Perdreau et de Laurent Desmurs au piano. Une sobre efficacité. Pour aller à l’essentiel du chant.  
  Aller au cœur du vivant. Nous toucher là où cela vit, bat et souffre.

                                                                                                                                                                                                       Francis Chenot
 

Editions Marc Yvain       www.editionsmarcyvain.ch


 Une grande nouvelle, en parlant de bonne chanson française :

  Béa Tristan est maintenant sur Disque.ch .
  Je vous conseille toujours le site : Forum Léo Ferré, et bien entendu celui de la belle et talentueuse Béa Tristan. 
  Son dernier, et tout nouvel opus "Les Palissandres", après quelques années de retraite, est simplement merveilleux!!! 
  De la chanson française de très haut niveau, avec une voix qui se promène dans le blues le plus sublime.

 

Chorus  n° 60  Eté 2007

L'Observateur du 13 Avril 2007

 

Chorus  n° 57  Automne 2006

     "Chansons de Parole" - 12ème édition

   ........  Et Béa Tristan, revenue de très loin dans nos souvenirs, irradiant les Capucins, par des chants profonds, amples 
   et d'une musicalité rare, d'une voix qui vous percute. Un choc, un retour, que l'on aimerait prolonger de suite.

                                                                                                                                                                                                        
Michel Kemper     

Chant’Essonne     n°147 - Septembre 2006  

"Chansons de Parole" - BARJAC

 


Le vrai choc, ici, aura été le spectacle de Béa Tristan, feuilletant devant nous son album de photos, plein de souvenirs, de joies, d'émotions, de drames.
Sobre, percutante aussi, elle a laissé beaucoup d'entre nous bouleversés …
Un des coups de cœur de ce festival.

Texte : Francis Panigada - photo : A-M Panigada
 

Une autre chanson  n° 117                        BARJAC     2006                             

                                          Béa Tristan

 

L’art d ‘illuminer

Sa légende

 


                         Bea Tristan    © Anne-Marie  Panigada

      Il y a plusieurs sortes de nostalgies. Celle des anciens combattants, fuite et repli du présent. Elle aurait pu toucher les quelques mémorieux qui à Barjac, en cet été 2006, associaient la programmation de Béa Tristan à de vieux et vibrants souvenirs, deux albums vinyles, que les plus précis dataient de 1968 et 1970, quelques titres de chansons comme Les mauvaises fréquentations, Le Soleil, Port-Royal des Champs. L’image d’une gloire promise, les sonorités d’orchestrations signées François Rauber, et puis le trou d’une disparition : trente-cinq ans de silence ou à peu près… comme un mythe de fulgurance, quasi Rimbaldien. Une nostalgie propice à toutes les déceptions pour ceux qui rêvent d’éternelles  répétitions du même, plutôt que des retours nécessairement (et heureusement !) déviés par le cours du temps. Mais, pour son retour, Béa Tristan n’est pas tombée dans ce piège. Elle a tendu les cordes de l’arc en ciel et ouvert les portes des saisons nouvelles.
   De fait, avouons-le, rares étaient ceux des spectateurs à avoir entendu Béa sur disque, voire en scène (elle avait pourtant occupé plusieurs semaines l’Olympia…). Et pour ce public tout frais de la salle des Capucins de Barjac, la chanteuse a offert un spectacle d’une intensité que seuls soupçonnaient peut-être ceux que ses chansons avaient déjà émus. Pas de titre annoncé pour ce récital, et pourtant la tension évidente d’un agencement nécessaire, à rebours de tous ces concerts où la succession des chansons est proche de l’aléatoire.
    Dégagé du moindre bavardage, de tout ce qui aurait détourné le fil de son voyage, le tour de chant de Béa nous emporte au pays des exigeantes émotions. Sous la forme d’un album-photo feuilleté en mots et en musique pour un public vite ensorcelé, la chanteuse déroule un parcours à la fois intérieur mariant ses souvenirs autobiographiques aux lumières de ce qui fait briller la vie pour chacun. Et vibre alors une autre nostalgie, moins repli vers le passé qu’appel aux résonances nées des rencontres, des blessures, des cicatrices mais aussi des rêves ou de ces désirs qui, des fils d’une histoire, tissent l’énergie de nos avenirs. 
      L’univers ainsi chanté propose un étrange paradoxe : apparent dépouillement musical, avec pour seul accompagnement sa guitare en bandoulière, et, pour trois chansons, le concours, toujours à la guitare, du jeune Léonard : et néanmoins, l’envol d’un chant

 

capable de donner aux spectateurs presque l’illusion de chœurs en relais des ses montées hymniques. Improbable tension où la rigueur janséniste se métisse aux rythmes des Amériques, chaleurs latines ou touffeurs bluesy jusque dans les tessitures de Colette Magny.
    De fait, le voyage de Béa Tristan aurait aisément pu nous embarquer pour des mélancolies, avec son fil narratif de boîte à photographies ouverte un soir de deuil, et toutes ces anecdotes que la chanteuse effleure, sur un ton de rêveuse confidence, en ouverture de chaque chanson, un album de famille constellé de déchirures, où percent une enfance en pays exotiques, un frère voyageur, un exil, un père absent, un amour impossible, puis mort en Afrique, et un fil conducteur, la disparition récente de la mère. D’aucuns, auditeurs distraits, pourraient percevoir un monde en noir et blanc, à la Modiano. Qu’ils tendent mieux l’oreille. Béa Tristan est nourrie de blues, sa guitare vrombit sous ses doigts comme ces motos dont elle aime tant les chevauchées, sa voix joue des tessitures, fait vibrer les graves, monte dans les lumières, et, par-delà les cicatrices de Béatrice, si elle donne essor aux révoltes d’un pauvre manœuvre d’Amérique centrale, elle chante par-dessus tout son goût de la vie, aux lumineux échos d’un souvenir entrevu. Au cours de son voyage enchanteur, Béa transfigure ainsi son Tristan en Perceval, elle touche à la grâce d’un élu pour nous donner à sentir l’élan de tous les soleils, l’éveil aux sens d’une jeune fille, ou, en finale, la vibration lyrique de retrouvailles symboliques avec les semelles de vent d’un père un jour envolé  sur un refrain latin.
Il y avait la légende d’une jeune chanteuse un jour partie vivre son autre vie, ailleurs. Elle aurait pu se contenter de l’enluminer  gravée dans du vinyle. Mais Béa vient d’amorcer sa nouvelle légende, la parole à chanter d’une résurrection. Bonne nouvelle, elle est retrouvée. C’est l’intense en allé avec le soleil. Y chante une guitare, accrochant follement aux airs les éclats de sa voix. L’entendrez – vous vibrer ?



                                                          Stéphane  Hirschi